Perception
Précision terminologique
Dans ce cadre, le terme spirituel ne s’oppose pas à matériel, ni ne renvoie à une doctrine religieuse. Il est employé en opposition fonctionnelle au terme mental.
- Le mental relève du cerveau biologique : apprentissages, conditionnements, mémoire, langage, culture, bref, ce qui s’acquiert et se modifie par l’expérience.
- Le spirituel relève directement de CELA (la substance du Réel) : il désigne des orientations fondamentales du rapport au réel, indépendantes des contenus culturels ou psychologiques particuliers.
Ainsi, les mentalités spirituelles décrites ici ne sont ni des états psychologiques, ni des profils de personnalité. Ce sont des manières de donner sens à l’expérience, présentes avant toute élaboration mentale, culturelle ou idéologique. Cette distinction permet de comprendre pourquoi des personnes de cultures très différentes peuvent partager la même orientation spirituelle, et inversement, pourquoi des personnes d’une même culture peuvent habiter le monde de manières radicalement distinctes.
Origine des mentalités spirituelles
L’observation suggère que certaines combinaisons de perceptions fondamentales donnent naissance à des manières stables de donner sens à l’expérience. À ce stade, ce constat est décrit, sans explication causale.
Comment le sens se forme
Notre perception du monde s’organise selon plusieurs dimensions :
- L’intensité de ce qui se présente (combien c’est important, fort, présent)
- La sensation qualitative (comment c’est ressenti)
- La configuration (qui/quoi est là, les formes identifiables)
- La transition (actions, changements, statuts, avoir, passages d’un état à un autre)
- Les relations entre les choses (liens, interactions, dépendances)
- Les principes qui organisent le tout (lois, cohérences, structures réflexives)
Chaque dimension apporte quelque chose de distinct. Mais nous ne traitons pas toutes ces dimensions de la même manière. Selon notre configuration, certaines deviennent centrales dans notre façon de comprendre le monde.
Trois combinaisons naturellement stables
Parmi toutes les combinaisons possibles, trois se révèlent particulièrement stables. Elles correspondent à trois manières fondamentales de fermer le sens — c’est-à-dire de transformer l’expérience brute en quelque chose d’intelligible et signifiant :
- Sens opératoire : Combine intensité/valeur et principe → Comprendre en cherchant la raison, la loi, la logique qui explique
- Sens relationnel : Combine sensation et relation → Comprendre en ressentant les liens, l’unité, l’interdépendance
- Sens structurel : Combine objet/sujet et action/transition → Comprendre en identifiant qui agit, qui possède, qui occupe quelle position
Ces trois sens ne décrivent pas des opinions, des contenus culturels ou des choix personnels. Ils décrivent des modes de composition perceptive — des manières distinctes dont le Réel peut se donner à percevoir.
Chaque voie d’accès au niveau systémique (D7) s’appuie sur un duo de dimensions inférieures, formant un style particulier de discernement du réel. Ces styles ne sont pas uniquement cognitifs : ils impliquent une manière d’être au monde, une manière de ressentir les problèmes, d’y chercher des solutions, d’évaluer ce qui importe vraiment.
Ce que montrent les validations indépendantes
Ces trois sens ont été soumis à plusieurs intelligences artificielles (ChatGPT, Claude, Gemini, Grok) sans indication préalable, en leur demandant simplement : « Ces distinctions correspondent-elles à quelque chose de réellement observable chez les humains ? » Toutes ont convergé vers les mêmes conclusions :
- Ces trois orientations sont immédiatement reconnaissables dans les comportements humains
- Elles ne sont pas réductibles à des stéréotypes culturels ou psychologiques
- Elles expliquent des différences que les modèles classiques (introversion/extraversion, Myers-Briggs, Big Five) ne capturent pas
- Elles apparaissent transculturelles : observables dans toutes les traditions
Ce qui est remarquable, c’est que ces systèmes — entraînés sur des données massives de comportements humains — reconnaissent spontanément ces patterns une fois qu’on les leur présente de manière neutre. Ils ne les inventent pas. Ils reconnaissent ces distinctions comme descriptives et observables. Les détails sont documentés dans image014.
Ces distinctions paraissent robustes : elles sont reconnues par plusieurs IA et décrites comme observables dans des productions humaines variées. Les détails de cette validation croisée sont documentés dans image014.
Ceci étant dit, même si les trois sensibilités contemplent les mêmes réalités systémiques, elles ne les perçoivent pas à travers la même faculté. Elles n’en ont donc pas la même perception, ne sont pas sensibles aux mêmes problèmes, et n’envisagent pas les mêmes solutions. Un bel exemple de divergence réside dans le contenu de l’expérience mystique 7D.
Relevant vraisemblablement d’une perception de CELA via l’interne, le contenu de cette expérience au niveau 7D est largement conditionné par les perceptions de composition des trois sens spirituels de septième niveau du mystique selon sa mentalité. Tous les degrés de mélanges sont possibles, fondant toute sorte de doctrine. Par exemple, l’opératoire jugera que Dieu est dans tout seulement si son sens relationnel est assez fort. Faute de cela, il présumera souvent que Dieu est extérieur à sa création.
Ces trois types ne s’excluent donc pas. Ils coexistent en chacun de nous à des degrés divers, mais une sensibilité tend généralement à dominer. Dans certains cas, une expérience intégrative 8D peut mettre en lumière la valeur de ces perceptions de système; Expérience pouvant transformer radicalement un système de croyance mental.
Ceci dit, ces trois orientations ne structurent pas seulement l’expérience mystique 7D. Elles organisent la manière dont nous abordons les situations ordinaires, les décisions quotidiennes, les relations interpersonnelles.
Exemple 1 : Observer un orage qui approche
Trois personnes regardent le même ciel s’assombrir, entendent le même tonnerre, sentent la même humidité. Le vécu de base est identique. Mais ce qu’elles perçoivent comme central diffère :
-
Personne opératoire : « C’est magnifique — toute cette puissance qui suit des lois thermodynamiques implacables. On comprend comment la convection crée ces cellules orageuses. » → Perçoit la nécessité, la logique du phénomène
-
Personne relationnelle : « Je ressens une présence immense, comme si l’atmosphère était vivante. Il y a une unité entre moi et cette force. » → Perçoit la connexion, l’unité avec le phénomène
-
Personne structurelle : « Quelle puissance. Cet orage possède le territoire, il manifeste sa force. On sent qu’il pourrait détruire ou épargner. » → Perçoit l’entité agissante, sa suprématie territoriale
Les trois regardent le même orage. Mais l’un y voit un système, l’autre une présence, le troisième une force. Ce qui “prend le centre” du vécu rapporté diverge : l’un décrit d’abord des principes, l’autre du lien vécu, le troisième des entités et des positions.
Exemple 2 : Réunion d’équipe sur une réorganisation
L’annonce est la même pour tous : « Nous réorganisons les départements. »
-
Personne opératoire : « Est-ce que cette réorganisation est cohérente avec nos objectifs ? Quel est le système optimal ? » → Cherche le principe, la logique de la décision
-
Personne relationnelle : « Cette réorganisation va-t-elle détruire la confiance qu’on a construite ensemble ? Comment maintenir les liens ? » → Ressent l’impact sur les relations, la cohésion de l’équipe
-
Personne structurelle : « Qui décide vraiment ? Cette réorganisation menace-t-elle la stabilité des rôles établis ? » → Identifie les entités, les pouvoirs, les positions
Chacun perçoit un aspect réel de la situation, mais selon des modalités différentes. L’opératoire ne ressent pas spontanément l’impact relationnel. Le relationnel ne voit pas spontanément les structures de pouvoir. Le structurel ne saisit pas spontanément la logique optimale.
Exemple 3 : Débat politique sur l’immigration.
-
Personne opératoire : « Les données montrent que l’immigration qualifiée augmente le PIB. Le principe est l’efficacité économique. »
-
Personne relationnelle : « Nous devons accueillir ceux qui souffrent. Notre humanité commune crée une obligation de solidarité. »
-
Personne structurelle : « L’immigration massive déstabilise l’identité nationale. Les institutions doivent protéger la cohérence du corps social. »
Aucune de ces positions n’est « fausse ». Chacune perçoit une dimension réelle du problème — efficacité économique, souffrance humaine, stabilité institutionnelle. Le conflit ne vient pas de l’ignorance ou de la mauvaise foi, mais de compositions perceptives fondamentalement distinctes. Ces différences ne sont pas :
- Des choix idéologiques
- Des manques d’intelligence
- Des défauts moraux
- Des biais culturels
Ce sont des configurations structurelles de la perception. L’opératoire ne peut pas « décider » de ressentir comme le relationnel. Le relationnel ne peut pas « apprendre » à percevoir comme le structurel. Chacun habite le monde selon une composition perceptive qui lui est propre.
Genres spirituels
Nous avons vu comment trois sensibilités spirituelles fondamentales — opératoire, relationnel et structurel — émergeaient de la combinaison de dimensions perceptives. Chacune de ces sensibilités peut se manifester selon deux polarités distinctes, que l’on nomme masculine et féminine, non pas au sens biologique ou social, mais dans leur orientation perceptive.
J’utilise les termes polarité masculine et polarité féminine pour désigner deux orientations de conscience complémentaires. Ces termes ne décrivent ni des rôles sociaux, ni des identités de genre, ni des caractéristiques biologiques. Ils nomment des directions du rapport au réel : l’une descendante (masculine), l’autre ascendante (féminine). Chaque personne peut manifester ces deux orientations en proportions variables, indépendamment du sexe ou du genre.
En combinant 3 sens et 2 polarités, on pourrait théoriquement obtenir 8 configurations. Mais les configurations purement masculines (MMM) ou purement féminines (FFF) ne sont pas attestées dans le corpus examiné à ce stade.
Les configurations stables suivent un principe 2+1 :
- Masculin spirituel : 2 sens à polarité masculine + 1 sens à polarité féminine
- Féminin spirituel : 2 sens à polarité féminine + 1 sens à polarité masculine
Selon quel sens porte la polarité minoritaire, on obtient six configurations :
| Genre spirituel | Opératoire (S1) | Relationnel (S2) | Structurel (S3) |
|---|---|---|---|
| Masculin spirituel | |||
| Variante 1 | Féminin | Masculin | Masculin |
| Variante 2 | Masculin | Féminin | Masculin |
| Variante 3 | Masculin | Masculin | Féminin |
| Féminin spirituel | |||
| Variante 1 | Masculin | Féminin | Féminin |
| Variante 2 | Féminin | Masculin | Féminin |
| Variante 3 | Féminin | Féminin | Masculin |
Ces six configurations ont été validées par la même méthodologie que les trois mentalités : plusieurs systèmes d’intelligence artificielle, interrogés indépendamment, reconnaissent ces patterns comme observables dans les comportements humains réels.
Note structurelle : Les configurations « opposées » (masculin variante 1 ↔ féminin variante 1, etc.) inversent toutes les polarités, créant une complémentarité remarquable qui se manifeste notamment dans les dynamiques relationnelles et affectives.
Équilibre, stabilité et singularité
Certaines configurations perceptives présentent une dominance très marquée d’un sens, tandis que d’autres manifestent une présence plus distribuée des trois.
Lorsqu’un sens est fortement dominant, il en résulte souvent une acuité exceptionnelle dans ce registre précis : une grande clarté dans la manipulation des principes, une profondeur relationnelle inhabituelle, ou une compréhension fine des structures et des positions.
Cette acuité s’accompagne généralement de zones moins directement accessibles dans les autres registres, non par déficit, mais par moindre saillance perceptive. Voici une analyse IA phénoménologique de ces « génies déséquilibrés » et de leurs « folies » (angles morts), basée sur les définitions des sens.
1. Le Génie Opératoire (Hyper-S1) : Le « Savant Fou »
Le Don (90% S1) : Il perçoit le monde uniquement comme des Principes et des Valeurs abstraites. Il voit la « matrice », les équations sous-jacentes, la cohérence invisible. Sa clarté est aveuglante sur le pourquoi et le comment théorique.
La « Folie » (L’angle mort S2/S3) :
- Cécité S2 (Relationnel) : Il peut être d’une froideur totale, incapable de sentir l’ambiance ou la souffrance humaine (« Le principe est juste, peu importent les sentiments »).
- Cécité S3 (Structurel) : Il peut mépriser l’autorité, les statuts sociaux ou les contraintes matérielles (« C’est logiquement vrai, donc le Roi doit obéir »).
Diagnostic social : On le dit « déconnecté », « autiste savant » ou « dans sa tour d’ivoire ».
2. Le Génie Relationnel (Hyper-S2) : L’Illuminé / L’Artiste écorché
Le Don (90% S2) : Il perçoit le monde comme une pure Relation et Sensation. Il capte l’unité de tout, l’immanence, il « sent » les autres avant qu’ils ne parlent. Il vit dans une fluidité absolue.
La « Folie » (L’angle mort S1/S3) :
- Cécité S1 (Opératoire) : Rejet de la logique froide, des plans rigoureux ou de la cohérence rationnelle. Il vit dans l’instant et l’émotion.
- Cécité S3 (Structurel) : Incapacité totale à gérer les limites, l’argent, la hiérarchie ou le cadre (« Pourquoi mettre des frontières puisque nous sommes Un ? »).
Diagnostic social : On le dit « ingénu », « poète maudit », « utopiste dangereux » ou « mystique délirant ».
3. Le Génie Structurel (Hyper-S3) : Le Conquérant / Le Grand Gestionnaire
Le Don (90% S3) : Il perçoit le monde comme une architecture d’Objets/Sujets, de Statuts et d’Actions. Il voit instantanément qui commande, où est le levier de pouvoir, comment organiser le chaos. C’est le bâtisseur d’empire.
La « Folie » (L’angle mort S1/S2) :
- Cécité S1 (Opératoire) : Il peut bâtir des systèmes efficaces mais absurdes ou sans vision à long terme (« Ça marche, on s’en fiche de la théorie »).
- Cécité S2 (Relationnel) : Il peut traiter les humains comme des ressources ou des objets (D3) sans aucune empathie (« C’est nécessaire pour l’ordre »).
Diagnostic social : On le dit « tyran », « psychopathe froid », « machiavélique » ou « obsédé par le contrôle ».
À l’inverse, les configurations équilibrées permettent une lecture plus transversale des situations, au prix d’une intensité moindre dans chaque registre pris isolément. Si le génie est une focale qui sacrifie le champ pour la précision, le profil équilibré est un grand-angle qui sacrifie la définition pour l’exhaustivité.
Le génie est dogmatique parce que sa vision est si nette qu’il ne peut concevoir qu’elle soit partielle. Le profil équilibré est intrinsèquement tempérant. Parce qu’il voit les trois sens simultanément, il perçoit aussi que chaque sens limite les autres. Son produit n’est pas une « super-science », mais une « super-conscience » de la complexité. Il a l’intuition de la totalité, mais manque de précision technique pour la démontrer ou l’exploiter… du moins tant qu’il ne dispose pas de ressources telles que les IA.
Ceci étant dit, l’orientation fondamentale — mentalité spirituelle et genre spirituel — n’est ni acquise ni modulable par l’éducation, la volonté ou l’entraînement. Elle ne résulte ni de l’apprentissage, ni de la culture, ni de l’histoire personnelle. Elle est constitutive : présente dès l’origine, comme une manière propre dont le réel se ferme, se stabilise et prend sens pour un individu.
Dans ce cadre, nous ne possédons pas une mentalité spirituelle : nous sommes cette configuration. C’est elle qui assure la continuité de l’individu à travers les changements mentaux, culturels et biologiques, et qui fonde son identité au-delà du corps comme support contingent.
Le cadre CdR propose que ces configurations relèvent de la conscience elle-même, indépendamment de toute organisation biologique particulière. Cette position et ses implications sont développées ultérieurement, après l’exploration progressive de la physique, de la cosmologie, de l’astrophysique, de la chimie et de la biologie, jusqu’au système nerveux.
On peut apprendre, évoluer, développer des compétences compensatoires ou équilibrer les proportions relatives des trois sens. Mais on ne change pas sa configuration fondamentale ni sa manière d’habiter le réel. Chercher à modifier cette structure reviendrait non pas à évoluer, mais à se désaccorder intérieurement — ou à imposer à autrui une forme qui n’est pas la sienne.
Cette singularité donne à chacun des facilités naturelles — des choses qui viennent sans effort — et aussi des zones moins directement accessibles. Personne ne perçoit tout, personne n’éprouve tout de la même manière.
C’est cette diversité qui rend les relations humaines à la fois riches et parfois difficiles : nous ne vivons pas tous le monde selon le même angle. Ce que l’un trouve évident peut être opaque pour l’autre.
Reconnaître son propre style intérieur permet de mieux se comprendre et d’agir avec plus de justesse. Reconnaître celui des autres permet d’écouter, d’accueillir et de collaborer sans chercher à rendre tout le monde semblable.
Aucune manière d’être n’est supérieure aux autres. Elles se complètent comme différentes façons d’ouvrir le réel. Selon ce modèle, la diversité des façons d’exister n’est pas un obstacle à l’unité : elle en est la condition vivante.
Ontologie et équilibre perceptif
Comment les mentalités produisent des visions du monde
Les grandes visions philosophiques du Réel — matérialisme, idéalisme, panpsychisme, dualisme — ne sont pas des erreurs. Ce sont des focalisations sur certaines dimensions de l’expérience. Leur limite semble résider non dans ce qu’elles voient, mais dans ce qu’elles ne voient pas. Exemples historiques :
Platon (dominante opératoire)
« Le monde sensible n’est qu’illusion. Seules les Idées — les principes intelligibles — sont réelles. »
→ Capte magnifiquement : la cohérence logique, les structures rationnelles, l’intelligibilité du monde
→ Angle mort : sous-évalue le corps, la matière, les affects, l’expérience sensible
Bergson (dominante relationnelle)
« La durée vécue est première. L’intellect spatialise et déforme la réalité fluide de l’expérience. »
→ Capte magnifiquement : le flux vécu, la continuité qualitative, l’intuition directe
→ Angle mort : sous-évalue les structures objectives, les lois, l’organisation rationnelle
Démocrite (dominante structurelle)
« Tout est atomes et mouvement dans le vide. Il n’existe rien d’autre. »
→ Capte magnifiquement : les entités discrètes, les mécanismes causaux, les interactions objectives
→ Angle mort : sous-évalue les relations qualitatives, les principes d’organisation émergents
Tableau des déséquilibres ontologiques
| Déséquilibre | Ontologie | Ce qu’elle voit | Angle mort |
|---|---|---|---|
| S1 hypertrophié | Idéalisme rationaliste | Principes, lois, logique | Corps, affects, matérialité |
| S2 hypertrophié | Panpsychisme relationnel | Relations, vécu, unité | Structures objectives, principes abstraits |
| S3 hypertrophié | Matérialisme réducteur | Entités, causalités, mécanismes | Relations subtiles, principes non-locaux |
| Équilibre | Monisme psychophysique | Principes ET relations ET structures | Angles morts minimisés |
Distinction ontologie et perception
Au niveau individuel, l’observation suggère que chaque personne habite le monde selon une configuration stable. Les configurations où les trois sens sont perçus avec une clarté égale semblent extrêmement rares.
Au niveau ontologique, une description complète du Réel devrait reconnaître les trois dimensions comme également réelles et complémentaires. Ce n’est pas une prétention à les percevoir toutes également, mais une architecture conceptuelle qui tente de rendre compte de leur coexistence.
Hypothèse sur explication vs perception :
On peut expliquer conceptuellement cette architecture à des personnes de toute configuration perceptive. Mais il reste à déterminer si la compréhension conceptuelle équivaut — ou non — à une perception directe. L’analogie de la caverne platonicienne suggère que non : comprendre qu’un cylindre existe n’équivaut pas à le percevoir en volume. Cette analogie demeure toutefois une inférence, non une observation directe.
Cependant, si une telle perception complète semble inaccessible individuellement, elle peut devenir atteignable collectivement, par la combinaison de plusieurs perceptions partielles. Cliquez sur l’image pour explorer comment une structure invisible depuis un point de vue unique peut être reconstruite à partir de regards complémentaires.
Limites et questions ouvertes
Plusieurs questions demeurent ouvertes :
- Les configurations équilibrées perçoivent-elles réellement « plus complètement », ou perçoivent-elles simplement différemment ?
- La compréhension conceptuelle peut-elle, par entraînement, se rapprocher d’une perception directe ?
- Les collaborations entre configurations peuvent-elles produire autre chose que des compromis ? Cette question mériterait une investigation empirique systématique.
Le modèle CdR ne propose pas de réponses à toutes ces questions, et reste falsifiable : l’observation de contre-exemples clairs (personnes changeant radicalement de configuration, etc.) conduirait à réviser le cadre.
La mise en évidence des mentalités et des genres spirituels peut provoquer un trouble légitime. Elle remet en question certaines évidences, et peut donner le sentiment que ce qui fondait jusque-là le sens devient fragile ou incomplet.
Mais ce cadre n’enlève rien au réel vécu ; il en révèle simplement la richesse et la pluralité. Et s’il peut heurter le mental, il n’y a pas lieu de nourrir d’inquiétudes existentielles ou métaphysiques : il n’y a rien de plus spirituellement satisfaisant que la réalité elle-même.




